Ce site utilise des cookies
×

Marguerite Yourcenar, Denier du rêve, Paris, Grasset, 1934, 240 p. Roman rédigé entre 1932 et 1933.

Couverture de l'édition originale

- Paris, Plon, 1959, 237 p. (version définitive réécrite et augmentée avec préface). Épuisé.
- Paris, Gallimard, 1971, 209 p. (réédition de la version définitive).
- Œuvres romanesques, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1982 et 1991, pp.159-284.

L’histoire d’un attentat dans la Rome de Mussolini, l’an XI du fascisme, est le centre symbolique de ce roman. Autour des trois ou quatre héros de cet épisode central se groupent des personnages qui semblent échappés d’une Commedia ou plutôt d’une Tragedia dell’arte. Le denier dont il est question dans le titre est une pièce de monnaie, une simple pièce de dix lire qui passant de main en main, est le symbole du contact entre des êtres humains enfoncés dans leur propre passion et leur solitude.

Adaptations : Rome, Academia Belgica, Colloque La ville et la Ville dans l'œuvre de Marguerite Yourcenar, rôle tenu par Cédric Juliens, 24/09/1998. Audiolivre, Auvidis, 1987, 4 cassettes. Lu par Dominique Sanda.

Marguerite Yourcenar : Le livre est né d'un certain nombre de personnages, aperçus durant un séjour à Rome vers l'âge de vingt-deux ou vingt trois ans. C'était peu après, ou au moment de l'assassinat de Matteoti, et les esprits étaient extrêmement montés. Il y a donc plusieurs personnages de ce roman, en particulier Marcella, l'héroïne, à peu près semblable à une Italienne que je connaissais à cette époque-là, qui appartenaient à ces milieux militants, antifascistes, et qui m'apportaient cette excitation et cette émotion du moment. (in Les Yeux ouverts, Le Centurion, 1980, p.84).

Traductions : Allemand, Anglais, Catalan, Chinois, Espagnol (Espagne), Finnois, Grec, Hébreu, Italien, Japonais, Néerlandais, Portugais (Brésil et Portugal), Roumain, Serbo-croate. Références complètes des livres ICI.

Premier paragraphe : Paolo Farina était un provincial encore jeune, suffisamment riche, aussi honnête qu’on peut l’attendre d’un homme vivant dans l’intimité de la Loi, assez aimé dans sa petite bourgade toscane pour que son malheur même ne le fît pas mépriser. On l’avait plaint lorsque sa femme s’était enfuie pour suivre en Libye un amant près duquel elle espérait être heureuse. Elle ne l’avait guère été pendant six mois passés à tenir le ménage de Paolo Farina en recevant les aigres conseils d’une belle-mère, mais Paolo, aveuglément heureux de posséder cette jeune femme, et séparé d’elle par cet épais bonheur, ne s’était pas douté qu’elle souffrait. Quand elle partit, après une scène qui le laissa humilié devant les deux servantes, il s’étonna de n’avoir pas su s’en faire aimer.

Réception critique : Melle Yourcenar apporte, à tracer chacune des figures qu’elle nous propose, une sympathie en même temps qu’une pudeur, qui sont de prix. […] Marcel Arland in La Nouvelle Revue française, Avril 1934, p.957. On retrouve ici ce style dense où les raccourcis expriment si fortement des pensées qui frappent, à l’égal d’un caillou jeté dans l’eau et dont le point de chute s’élargit en ondes concentriques. […] Henri Liebrecht in Le Soir Illustré, 331, 23 juin 1934, p.18. D’autres articles disponibles dans la base de données documentaire.

Articles et livres de référence :
- Laura BRIGNOLI, Denier du rêve di M. Yourcenar. La politica, il tempo, la mistica, Coll. La Nuova Meridiana, Firenze, Le lettere, 1999, 188 p.
- Camillo FAVERZANI, Dimensions mythologique et historique dans Denier du rêve de 1934 in Bulletin de la SIEY, 6, Tours, SIEY, 05/1990, pp.63-79.
- Françoise BONALI FIQUET, Rome mythique, Rome baroque dans Denier du rêve in Roman, histoire et mythe dans l'oeuvre de Marguerite Yourcenar. Actes du colloque d'Anvers, Tours, SIEY, 1995, pp.59-70.

D’autres articles disponibles dans la base de données documentaire

 



 

 

 

 

 

×